Crise de goutte

La crise de goutte, liée à un excès d’acide urique dans le sang, peut être très douloureuse. Voici quelques conseils pour l’alimentation « de tous les jours » si vous êtes à risque. Attention, lors d’une crise, une médication est impérative.

excès d'acide urique : la goutte
Excès d’acide urique : la goutte

Un petit mot pour comprendre

Les acides nucléiques (ADN, ARN),

contiennent des bases de deux types différents :

Puriques et pyrimidiques.

 

Adénine et Guanine produisent l’acide urique lorsqu’elles sont catabolisées. L’acide urique est l’ultime dégradation des purines.

Ensuite, cet acide urique doit être éliminé. Par les reins essentiellement.

La crise de goutte signifie que l’acide urique s’accumule dans le sang (Hyperuricémie).

 

Taux anormaux : > ou = à 7 mg/dl chez l’homme, et > ou = à 6 mg/dl chez la femme.

 

Deux raisons de l’accumulation : 

  • Excrétion urinaire insuffisante.
  • Produit en excès (endogène ou apports excessifs d’aliments purinophores (contient des bases purique qui se dégradent en a. urique) ou purinogènes (facilite la formation des bases puriques qui se dégradent en a. urique) : fructose, sirop de maïs, sucreries.

Lien entre la goutte et …

  • Excès calorique,
  • Obésité et diabète,
  • Consommation excessive de purines,
  • Alcool,
  • Dyslipidémies,
  • Syndrome X.

 Mesures diététiques

  • Diminuer les apports en bases puriques, 
  • Augmenter l’excrétion urinaire,
  • Diminuer la teneur en protéines totales de l’alimentation,
  • Supprimer les aliments « déclencheurs »,
  • Contrôle du poids,
  • Réduire alcool.

Lors d’une crise : 

  • Eviter les bains chauds
  • Proscrire l’aspirine.
  • Eviter le jeûne.
  • Pas de régime amaigrissant trop strict.

(retour de  protéines dans le sang)

 

Objectifs

  • Augmenter la diurèse

Consommation de 2 à 3 litre d’eau par jour minimum. Toutes les eaux, même celle du robinet.

Pour éviter les rechutes des patients lithiasiques, conseiller de l’eau bicarbonatée type Vichy

(Beaucoup de Na, pas avec problèmes cardiaques).

 

  • Réduire la consommation de purines animales, les purines végétales n’étant pas absorbées.

Aliments riches en protéines animales (à diminuer ou à supprimer donc)

Viandes : Bœuf, Porc, mouton, gibier,

=>et dérivés : Viande hachée, filet américain, lard, saucisses, charcuteries, saucissons, pâtés, viandes séchées, extraits de viande.

Abats : A interdire ! Rognons, foie, cervelle, et surtout le ris de veau, tripes, gelée de viande, gélatine, pied de porc, galantine, tête de veau.

Poisson : A modérer également. Eviter les fruits de mer, coquillages et crustacés.

Eviter particulièrement les anchois, morues, hareng, maquereau, sardines.

 

Aliments déclencheurs :

Chocolat, Champignon, repas du chasseur (gibier),  Excès de graisses, Vin blanc, bière et liqueurs.

  • Ce qui ne pose pas de problèmes :

Volailles : poulet, dinde, oie, canard.

P. Laitiers : Tous sont permis, ils sont pauvres en purines.

Légumes : Tous sont permis. Sauf : champignons, asperges, choux, et légumineuses

Thé et café : Pas de problèmes : purines non absorbées.

Effets bénéfiques des fibres, fruits, légumes, céréales complètes, vitamine C et des noix.

Cas particulier pour les sportifs

  • Amateurs en sports de fond ou demi-fond : courses sur longues distances.
  • Sportif de haut niveau (nombre important d’heures de cardio).
  • Métier physique et nécessitant de nombreuses heures d’activité physique (manutention, …).

 

Il faut savoir qu’à chaque exercice physique, le corps « détruit » des protéines musculaires.

=> Ces protéines retournent dans la circulation sanguine, avant de retourner dans le muscle ou d’être éliminée par les urines.

=> C’est ce qu’on appelle le « turnover protéique » des muscles.

Ces protéines contiennent de l’acide urique.

Donc l’activité physique intense ou longue augmente le taux d’acide urique dans la sang. 

Il donc déconseillé, les jours de sport intense, de consommer des produits riches en acide urique  ou déclencheur (voir liste ci-dessous) puisque, ces jours-là, le sportif est plus « fragile » face à une crise de goutte.

Il est connu qu’on ne « mange pas de viande rouge un jour de match », il y a donc d’autres éléments à éviter ces jours-là aussi…

 

Cas particulier pour les personnes en perte de poids rapide (>4kg/mois)

Selon le même schéma que pour les sportifs, la perte de poids entraine invariablement une perte musculaire.

Une dose supplémentaire de protéines (et donc d’acide urique) se retrouve dans le sang, ce qui rend la personne en perte de poids rapide plus sensible à la goutte.

Lors d’une crise, évitez de forcer la perte de poids, et essayez plutôt de maintenir un poids stable le temps de la guérison.