Crise de goutte
- Delphine Kestemont

- 31 janv. 2022
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 2 jours
La crise de goutte peut être extrêmement douloureuse et est liée à une accumulation d’acide urique. L’alimentation, l’hydratation, le poids et certains facteurs de mode de vie peuvent influencer le risque de crise. Voici les principaux repères à connaître au quotidien.
Un petit mot pour comprendre ...
Les acides nucléiques (ADN, ARN) contiennent des bases de deux types différents :
Puriques et pyrimidiques.
Adénine et Guanine produisent l’acide urique lorsqu’elles sont catabolisées. L’acide urique est l’ultime dégradation des purines.
Ensuite, cet acide urique doit être éliminé par les reins essentiellement.

Taux anormaux : > ou = à 7 mg/dl chez l’homme, et > ou = à 6 mg/dl chez la femme.
Deux raisons de l’accumulation :
Excrétion urinaire insuffisante.
Produit en excès (endogène ou apports excessifs d’aliments purinophores (contient des bases purique qui se dégradent en a. urique) ou purinogènes (facilite la formation des bases puriques qui se dégradent en a. urique) : fructose, sirop de maïs, sucreries.
Lien entre la goutte et … | Mesures diététiques | Lors d'une crise |
- Excès calorique | - Diminuer les apports en bases puriques | - Eviter les bains chauds |
- Obésité et diabète | - Augmenter l’excrétion urinaire | - Proscrire l’aspirine |
- Consommation excessive de purines, | - Diminuer la teneur en protéines totales de l’alimentation | - Eviter le jeûne |
- Alcool | - Supprimer les aliments « déclencheurs » | - Pas de régime amaigrissant trop strict |
- Dyslipidémies | - Contrôle du poids | (retour de protéines dans le sang) |
- Syndrome X. | - Réduire l'alcool | |
Objectifs
Augmenter la diurèse
Consommation de 2 à 3 litre d’eau par jour minimum. Toutes les eaux, même celle du robinet.
Pour éviter les rechutes des patients lithiasiques, conseiller de l’eau bicarbonatée type Vichy
(Beaucoup de Na, pas avec problèmes cardiaques).
Réduire la consommation de purines animales, les purines végétales n’étant pas absorbées.
Aliments riches en protéines animales (à diminuer ou à supprimer donc)
Viandes : Bœuf, Porc, mouton, gibier,
=>et dérivés : Viande hachée, filet américain, lard, saucisses, charcuteries, saucissons, pâtés, viandes séchées, extraits de viande.
Abats : A interdire ! Rognons, foie, cervelle, et surtout le ris de veau, tripes, gelée de viande, gélatine, pied de porc, galantine, tête de veau.
Poisson : A modérer également. Eviter les fruits de mer, coquillages et crustacés.
Eviter particulièrement les anchois, morues, hareng, maquereau, sardines.
Aliments déclencheurs :
Chocolat, Champignon, repas du chasseur (gibier), Excès de graisses, Vin blanc, bière et liqueurs.
Ce qui ne pose pas de problèmes :
Volailles : poulet, dinde, oie, canard.
P. Laitiers : Tous sont permis, ils sont pauvres en purines.
Légumes : Tous sont permis. Sauf : champignons, asperges, choux, et légumineuses
Thé et café : Pas de problèmes : purines non absorbées.
Effets bénéfiques des fibres, fruits, légumes, céréales complètes, vitamine C et des noix.
Peut-on faire du sport pendant une crise de goutte ?
En dehors des crises, l’activité physique régulière est généralement bénéfique. Elle contribue notamment au contrôle du poids et à la santé cardiovasculaire. Une activité physique régulière, associée à une perte de poids lorsqu’elle est nécessaire, peut également contribuer à réduire le risque de nouvelles crises de goutte.
En revanche, pendant une crise aiguë, il est préférable d’éviter les exercices intenses ou les activités qui exercent une forte pression sur l’articulation douloureuse. Le repos de l’articulation touchée est généralement préférable jusqu’à l’amélioration des symptômes.
Lors d’une activité physique, il est également important de maintenir une bonne hydratation. La déshydratation est à éviter chez les personnes sujettes à la goutte, en particulier lors d’un effort prolongé ou intense.
Et en cas de perte de poids ?
Lorsqu’un surpoids est présent, une perte de poids progressive peut contribuer à diminuer le taux d’acide urique et à réduire le risque de nouvelles crises de goutte. En revanche, les régimes très restrictifs, le jeûne prolongé et les pertes de poids rapides sont déconseillés, car ils peuvent temporairement augmenter le taux d’acide urique.
L’objectif est donc de privilégier une perte de poids progressive, associée à une alimentation équilibrée, une hydratation suffisante et une activité physique adaptée. Chez les personnes souffrant de goutte, la perte de poids fait partie des mesures utiles lorsqu’elle est indiquée, mais elle ne remplace pas le suivi médical ni, lorsqu’il est nécessaire, le traitement destiné à contrôler l’acide urique.



