• Delphine Kestemont

Les cadeaux caloriques

Coucou ma chérie, ça va ton régime ? Tiens, je t’ai acheté des pralines, celles que tu aimes tant”.


Vous le connaissez, non ? Ce sentiment de furie qui monte en vous... quand votre maman, amie, collègue, conjoint, ... vous offre des chocolats, vous apporte une (super portion de) lasagne “maison”, une boite de magnums ou le surplus de chips qui lui reste du week-end ?


Vous la sentez ? Cette impression de sabotage délibéré… alors que, justement, pour une fois, vous perdiez du poids, vous étiez sur une bonne lancée, vous teniez bon...

Vous résistiez si bien aux tentations, vous aviez vidé vos armoires, votre maison était devenue “safe” (comprendre : vide d’aliments qui vous font perdre vos bonnes résolutions).


Vous qui luttez tellement pour ne pas foncer acheter des chips ou des gâteaux et, voilà qu’on vous l’offre, ruinant tous vos efforts !

Pourquoi tu fais cette tête ? M’enfin, tu n’as qu’à manger une seule praline chaque jour”.


Aie, et voilà : “YAKA en manger une seule”. Ben voyons... Vous fulminez, là, non ?


Alors maintenant, en une petite phrase, on vous fait comprendre que vos difficultés sont minimes, vos luttes (et réussites) ne sont finalement que des choses “normales”. Qu’il “suffît” d’un peu de volonté... merci, mais ça pique un peu une phrase comme ça.


Finalement, il n’est pas si sympa ce cadeau... l’intention est bonne, mais ça tourne au vinaigre...


Bref, on sourit, on dit merci, et on souffrira en silence... parce qu’il n’y a pas 36 solutions :


· Soit vous résistez (et c’est une lutte perpétuelle) jusqu’à la dernière miette... pas

marrant...


· Soit vous mangez tout en 3 heures / 3 jours et c’est un bel échec, ainsi qu’une

sacré déception de soi... pas marrant...


· Soit vous jetez tout à la poubelle. Et vous n’êtes pas fière non plus...


· Soit vous l’offrez aux collègues, mais ça reste des heures de tentation avant le

lendemain...


Bon, comment fait-on ? Pas le choix, il faut en parler entre 4 yeux, Le dire franco et sans honte, VERBALISER : “oui, je devrais pouvoir résister, être gourmet. J’aimerais bien mais je n’y arrive pas. J’aimerai bien mais c’est trop dur. Alors tout ce que je parviens à faire, c’est me tenir loin de tous ces aliments tentants, et c’est déjà assez difficile. M’offrir des pralines (ou chips, chocolat, ...) c’est une torture. Offre-moi autre chose si tu veux me faire plaisir”.


Alors, quel cadeau offrir à quelqu’un qui a du mal à cadrer son alimentation ? Demandez-lui, ce sera plus simple....


Mais ça pourrait aussi aller d’une corbeille de fruits ou un panier légumes, à une machine à soupe, un grill, une yaourtière, un thermos sympa, une chouette lunch box pour le boulot, une gourde design.... vous voulez cuisiner? cuisinez des légumes qui cuisent longtemps et prennent du temps (un tian de légumes, une minestrone, une ratatouille niçoise, ...), proposez une session chez le coiffeur ou un massage chez l’esthéticienne, offrez un peu de votre temps pour l’accompagner à une marche ADEPS, proposez de “prendre un café”, plutôt que de “boire un verre”...


NON, On n’offre pas une bouteille de vin à un alcoolique. Même s’il “suffit” de boire “un seul verre”. On respecte la difficulté de l’autre, on le protège en le tenant loin de ses démons. Et bien, ceux qui souffrent de compulsions alimentaires méritent le même respect, la même bienveillance 😉