• Delphine Kestemont

Alimentation post-COVID-19

Que manger lorsque, suite à une infection Covid-19, vous vous êtes retrouvés hospitalisés, ou que vous n’avez pas quitté votre lit depuis un bout de temps ?


Vous avez perdu du poids, vous êtes épuisés, vous n’avez plus d’odorat et/ou de goût, votre respiration n’est pas au top...


Suite aux problèmes respiratoires, à la fièvre et à la fatigue, vous vous êtes peu nourris ces derniers jours / semaines. Votre poids est descendu en flèche, et vous avez du mal à vous en remettre.


Ce poids perdu, c’est essentiellement de la masse musculaire

Le premier objectif sera donc de reprendre cette masse musculaire.


Pensez donc “protéines” : Poisson, viande, volailles, œufs, fromages (pas trop gras ni en trop grande quantité), yaourts, produits lactés.


Le Quorn, Tofu, tempeh, ... en version végétarienne.


Evitez la viande hachée, les “mixtures” type cordon-bleu, nuggets, ... Très gras et surtout un taux de protéines trop bas.


Le second objectif sera de consommer suffisamment d’énergie. Principalement de l’énergie glucidique, puisque lors d’essoufflements et de difficultés respiratoires, le manque d’oxygène favorise l’utilisation des glucides au niveau énergétique (aussi appelé féculents, si possible en version complète).


Pensez donc “sucres lents” : pain, pâtes, riz, pommes de terre, ... à chaque repas.


Le troisième objectif sera de consommer suffisamment de vitamines et minéraux. Pour cela, une consommation de fruits frais et des légumes (cuits ou crus) aidera grandement.


Le quatrième objectif : Les graisses spécifiques : la recherche d’aliments riches en acides gras essentiels sera cruciale, principalement les acides gras oméga 3.


Le poisson gras est une excellente source (hareng, saumon, sardines, ...). Essayez d’en consommer 2x par semaine. L’huile de colza (à utiliser crue) est une huile de qualité (excellent taux d’Oméga 3) et une petite poignée de fruits oléagineux (noix, noisettes, ...) pour compléter votre apport journalier en Oméga 3.


Le cinquième objectif : boire de l’eau. Entre la fièvre, le manque d’alimentation durant plusieurs jours et les atteintes rénales de la maladie, une consommation régulière d’eau est recommandée.


1 litre d’eau par jour est un minimum ... 2 litres seraient mieux.


Le dernier objectif sera d’adapter votre alimentation à ce que vous venez de vivre :


1. Prenez plusieurs petits repas. D’abord parce qu’une lourde digestion fatigue, il

vaut mieux faire des petits repas digestes. Et de plus, votre estomac est

certainement "fermé”. Vous êtes vite rassasiés, vous ne parvenez plus à manger de

gros volumes.

  1. Ne forcez pas.

  2. Mangez peu, mais souvent. Toutes les 2-3h.

  3. Buvez de l’eau entre les repas.


2. Perte du goût et de l’odorat : Où trouver le plaisir de manger ? Il vous reste les couleurs, les textures et la chaleur.


  1. Mangez cuit et chaud, les repas seront moins rebutants.

  2. Une belle assiette : Nous mangeons aussi avec les yeux. Variez les couleurs dans l’assiette. Ajoutez des herbes, décorez l’assiette (larme de crème de balsamique, riz posé à l’emporte-pièce, feuilles de basilic). Sortez vos belles assiettes et vos beaux verres. Décorez votre table, quelques fleurs, ... Le repas doit être un moment agréable, vous parviendrez à mieux vous nourrir si vous passez un bon moment.

  3. Variez les textures. Limitez les textures “purées” (purée-compote

mousseline-haché). Pensez à des textures fermes (pommes de terre grenaille),

légumes semis-croquant (wok), dés de viande ou de volaille, ... Les textures

originales sont très intéressantes : texture “mousse” (mousse de jambon,

mousse de poisson), texture “flan” (flan de légumes), texture “coulante” (œuf

mollet), texture “cake” (cake de légumes). Une petite sauce légumes colorée

peut également agrémenter tout cela.


3. En cas d’essoufflement. Dans le cas d’une difficulté respiratoire, le repas est

compliqué car il faut choisir entre mâcher/avaler ET respirer.

Vos besoins caloriques explosent, vous avez besoin de beaucoup, beaucoup, beaucoup d’énergie.


  1. Dans ce cas précis, optez pour des aliments qui ne se mâchent pas (contrairement à mon conseil précédent). Les textures “soupe/purée” deviennent ici intéressantes.

  2. Le nombre de bouchées sera limité, puisque qu’il est fatiguant de manger lorsque l’on est essoufflé. Il faut donc que votre repas soit riche en protéines et en énergie, le tout dans un petit volume.

  3. Ajoutez du lait/fromage dans votre purée, ajoutez un œuf mollet, mixez quelques légumes avec un peu de fromage frais. Moulinez votre viande, pour éviter de la mâcher. Les œufs brouillés et le poisson (sans arrêtes) sont de bonnes idées. Ajouter un peu d’huile de colza (en cru) permet un apport calorique intéressant.

  4. La texture mousse est intéressante (pêche au thon par exemple). Attention, si vous mélangez le thon avec du fromage frais -tel du Boursin/Philadelphia- ce sera plus riche en protéines (et donc plus intéressant) que le thon-mayonnaise standard.

  5. Les boissons caloriques sont intéressantes = Lait chocolaté, Smoothie maison (fruit + yaourt bien mixé, sans pépin), ... La crème glacée ou le sorbet peuvent aussi agrémenter un peu l’alimentation. (en fonction de vos sensations respiratoires lors de la consommation d’un aliment glacé).

  • Ces conseils sont à destination des personnes ayant subi une perte de poids rapide, suite à une maladie. Ces pertes de poids rapides sont des pertes de masse musculaire. Ce poids doit (et va) remonter, car la masse musculaire ne peut rester en déficit. Le but est d’éviter l’effet “yoyo”, et d’éviter donc un stockage de graisse supplémentaire lors de cette reprise de poids.


  • Les conseils sur perte d’odorat/perte de goût ont pour objectif de vous pousser à vous nourrir, même si le plaisir n’est pas là.


  • Les conseils sur l’alimentation malgré l’essoufflement sont typiques de l’alimentation proposée lors d’une faiblesse respiratoire.

  • L’alimentation équilibrée permet de maintenir les stocks de vitamines/minéraux. Dans le cas de carences, il faudrait trop longtemps (2ans) pour combler le manque via une alimentation seule. Dans le cas d’une carence, votre médecin vous proposera sans doute un complément.


  • Tous ces conseils sont standards. Ils ne remplacent pas les conseils de votre médecin. Suivez toujours les conseils de votre médecin en priorité, avant tout conseil trouvé sur le net.

  • Si votre médecin vous prescrit des compléments alimentaires (minéraux-vitamines-zinc-Fer-vitamine C-Oméga 3...) => il faut suivre ses conseils et prendre les compléments.


  • En revanche, ne vous auto-complémentez pas tout seul. JAMAIS. Les vitamines et minéraux peuvent être toxiques si consommés à trop haute dose. Demandez conseil à votre médecin traitant.

En espérant que ces quelques informations ont pu vous aider un peu.

Restez chez vous, prenez soin de vous et de vos proches.