• Delphine Kestemont

Perte de poids : Se peser ou ne pas se peser ?

Lorsque l’on modifie son alimentation dans un but de perte de poids, la balance est-elle une amie, ou un ennemi ?


La tentation est (très souvent) grande de monter sur cette (fichue) balance, afin de voir le résultat de nos efforts. Certains se sentent encouragés par ces chiffres qui diminuent, mais l’impatience et le manque de recul via a vis de l’évolution du poids font souvent plus de mal que de bien, surtout les premiers jours...


Les 10 premiers jours : évitez la balance

La perte de poids “saine” ne correspond pas à 4kg par semaine. Il importe que le poids perdu soit de la graisse, et très peu de muscle. Un kilo de graisse correspond à 9000kCal (oui oui, 9000), vous imaginez bien que la différence “kcal brulée>< kcal consommée” n’atteindra pas “9000” en 2 jours...

De plus, votre poids ne représente pas uniquement de la graisse (heureusement). Vous êtes composé d’eau, de muscles, du contenu de votre estomac, du contenu de vos intestins, du niveau de remplissage de votre vessie...

En mangeant + de légumes, + de fruits ou de fibres, et avec un transit parfois ralentit, il faut tenir compte du poids du contenu intestinal qui pourrait augmenter un peu. Au début, ce changement d’alimentation peut donc faire monter le chiffre de la balance, ce qui serait très mal vécu si vous ne vous fiez qu’à la balance.


Par la suite : cela dépend totalement de votre mode de fonctionnement


Petit test de mise en situation pour déterminer si vous devez éviter la balance :


  • Vous vous pesez, et le chiffre que la balance affiche est satisfaisant, vous :


1. Etes content, vous décidez de fêter ça en vous offrant un petit extra alimentaire, et l’idée “tout va bien, je peux faire moins d’efforts” vous traverse l’esprit.


2. Etes content, cela vous motive à faire ce qu’il faut pour continuer à manger selon votre plan alimentaire.


Vous répondez 1 ? => ne vous pesez pas durant la perte de poids.

Vous répondez 2 ? => Vous pouvez (si vous le souhaitez) vous peser, mais pas trop souvent (1 ou 2x/semaine).


  • Autre situation : Vous vous pesez, le chiffre n’est pas bon :


1. Cela vous déprime, vous perdez votre motivation, vous résistez moins aux tentations et vous créez même peut-être un “craquage compulsif”, (prise alimentaire qui ne correspond pas à un moment de bien être mais de recherche de soulagement de mal-être). Vous avez tendance à culpabiliser ensuite, et un effort important est nécessaire pour rebondir et rompre cette spirale négative.


2. Vous n’êtes pas déçu, vous relativisez (j’ai mangé un peu plus tard, c’est sans doute un peu d’eau, j’ai moins bu, je suis fatiguée, je me sens tout de même mieux dans mes vêtements ...) et vous gardez à l’esprit qu’en faisant ce qu’il faut, il n’y a aucune raison que vous ne parvenez pas à voir cette balance diminuer.

Vous répondez 1 ? => ne vous pesez pas durant la perte de poids.

Vous répondez 2 ? => Vous pouvez (si vous le souhaitez) vous peser, mais pas trop souvent (1 à 2x/semaine).


Se peser : mode d’emploi : pas n’importe quand, ni n’importe comment.


Il est important d’être toujours dans le même état : estomac vide (à jeun), au réveil, après être passé au petit coin, et toujours dans la même tenue (nu, pyjama, en sous-vêtements...).

Il est important de ne se peser qu’une ou 2x par semaine (toujours les mêmes jours, les mercredis par exemple, ou les lundis et vendredis), et de noter le poids.

Si vous ne notez pas le poids, vous ne retiendrez que le meilleur poids, et celui de la dernière pesée, ce qui amène à des déceptions et une perte de l’objectivé face à la perte de poids.

En notant les poids, vous parviendrez à relativiser : “j’ai perdu peu de poids cette semaine, mais cela reste globalement positif puisque les semaines précédentes étaient particulièrement bonnes”.


Comparaison de poids : ne comparez QUE les poids des mêmes jours (poids des mercredis, d’une semaine à l’autre) et non pas les poids de jours différents.


Se peser : juste un chiffre, rien de plus...


Il est essentiel de ne pas donner trop d’importance à cette balance : en effet, d’autres informations (ou sensations) doivent être prise en compte pour jauger de la récompense de vos efforts : essayez d’avoir le plus de références possibles pour rester “positifs” même si la balance n’est pas sympa ce jour-là : des vêtements dans lesquels vous sentez moins à l’étroit, moins d’essoufflement, des repas qui vous plaisent, moins mal aux articulations, une sensation de fierté qui vous fait sentir plus légère, moins (ou pas) de période de déprime ou de culpabilité, ...